TIJUANA BIBLE (Original Motion Picture Soundtrack)

TIJUANA BIBLE (Original Motion Picture Soundtrack)

Director Jean Charles Hue

Music composed and Performed by Thierry Malet

& The City Of Prague Philharmonic Orchestra

Label Plaza Mayor Company Ltd

C’est une musique frappée par la torpeur suffocante d’un Tijuana désœuvré. Les chemises sont trempées de la sueur de la peur. Les barbes sont rugueuses comme des sonorités métalliques a moins que ce ne soit les barillets des pistoleros. Ruisselant comme des notes, les histoires sont pleines de secrets et de femmes lascives. C’est le Tijuana qu’a mis en note et musique le compositeur et perfectionniste, Thierry Malet. Des notes aidées et dirigées par le City of Prague Philhamonic Orchestra. Une ampleur de sons et de matières. Un tintement joyeux et ténébreux pour cette peinture étouffante de la réalité americano Latina. Aux frontières des desperados s’ajoute les tentatives de rêveurs qui se feront casser les dents et les os aux premiers verres de tequila. La musique est volontairement ironique, cassante, en dents de scie avec une réalité qui sent le soufre. C’est une belle Bande Originale, qui dépeint et repeint avec talent un des endroits les plus sombre du monde.

Tijuana Bible est un film remarquable et sa musique le rend encore plus supportable et merveilleux.

Hellen Page

Holep p in Tijuana on a path to self-destruction, an Iraq veteran seeks deliverance by helping a young Mexican woman navigate the underworld in a quest for her long-lost brother….

Tijuana Bible is the name of a night club located on the Mexican border in the city of Tijuana. It is a place of perdition in particular for American soldiers.

This is the story of Nick, an American veteran injured in Iraq, lives in Zona Norte, Tijuana’s red light district. Then he meets Ana, a young Mexican girl looking for her brother who has been missing for a few weeks. Together, they will dive into the slums of this city in the hands of drug traffickers.

In fact, this film is inspired by a true story, of a former veteran who converted and decided to help the poor who take refuge around an evacuation canal whose rainwater causes several deaths every year. A small community has formed around him and it is moreover his bus that we see in one of the scenes of this film. But beyond appearances, hides the meaning of life and of all these soldiers who are branded for life with a hot iron, psychologically destroyed because they took part in a war they did not understand. But in this place of perdition hides a spark of hope that will ultimately exceed all expectations in a huge fire.

That’s what touched me in this film. The music is constantly shifting, it starts from rubbed timbres to turn it into poetry to sublimate reality and give it back all its beauty.

I started with violin strings played very close to the bridge to produce a rapy sound and almost abrupt symphonic textures. Voices and special effects were then added to place the listener in a new, almost unreal world, where forgiveness and remission are hidden but become possible.

Thierry MALET

Edinburgh TV Festival 2020 : une révolution provoquée par la pandémie et #BlackLivesMatter

Deux événements ont ébranlé cette année la TV britannique “intrinsèquement snob” (Ben Frow) : une pandémie sans précédent depuis le début de la télévision, et le mouvement Black Lives Matter. Dans une industrie, où l’apogée de la diversité était pendant longtemps atteint par le juste équilibre entre les diplômés d’Oxford et de Cambridge, les voix fortes qui réclament un passage à l’acte pour une télé plus inclusive ont de quoi bouleverser les vieilles habitudes. 

Une révolution d’autant plus inévitable qu’elle se joue sur fond de concurrence avec les services de streaming omniprésents (YouTube et Netflix sont parmi les principaux sponsors de ce festival en ligne qui scelle chaque année la rentrée des chaînes de TV britanniques). Eux, offrent aux talents de tout origine un espace d’expression libre, et ce en pleine pandémie qui exacerbe les inégalités dans l’industrie TV.

Comment attirer les talents et refléter l’ensemble de la société dans une époque où la TV a encore la capacité de rassembler ? Pendant 4 jours, 3.000 délégués se sont retrouvés devant leurs écrans respectifs pour 46 sessions qui explorent, débattent et dissèquent le spectre de l’industrie de la télévision avec les principaux talents et cadres de l’industrie, autour de la diversité et la transformation numérique accélérée par le coronavirus. 

Une TV de service public plus importante que jamais 

Le directeur général sortant de la BBC, Tony Hall, est monté sur le podium virtuel pour une défense passionnée du service public, indispensable à la démocratie. La pandémie fut l’occasion de (re)créer le lien avec les téléspectateurs, avec 94 % des Britanniques qui ont regardé la BBC, dont 87% des 16-34 ans. En quelques semaines de pandémie, l’écoute de la télévision a augmenté de près de 50 % par rapport à l’année précédente.

Pendant cette période, environ 24% du temps passé en ligne, en vidéo et en audio, par l’adulte moyen en une semaine, était consacré à la BBC. Pour Netflix c’était environ 4 %“. La BBC était aussi la première source d’une information vérifiée impartiale (“la clé de voûte du journalisme” selon Tony Hall), avec un indicateur de confiance des plus élevés y compris à l’international. 

Mais ces très bons chiffres ne cachent pas l’importance d’une révolution profonde du plus grand service public européen. En effet, mis en cause par les partisans comme par les opposants du Brexit, la BBC doit désormais défendre l’existence même de la redevance, sous pression politique.

Une piste évoquée par Tony Hall : “En 2018, les services publics de radiodiffusion ont fourni plus de 32.000 heures de contenu original fabriqué au Royaume-Uni contre seulement  221 heures pour les grands streamers“.

Tony Hall va même plus loin, en déclarant que la BBC doit se déplacer encore davantage vers les régions pour refléter plus de points de vue, avec 70% des équipes de la BBC qui pourrait se retrouver à l’extérieur de Londres. L’enjeu principal sera que les contenus proposés par la BBC, et les autres médias de service public,  soient capables de répondre aux questions sociétales brûlantes de cette année 2020 si particulière pour rester pertinents face aux géants Netflix, Amazon Prime Video et Disney +. 

L’impact Black Lives Matter, une politique “Pas de diversité, pas de commande”

L’assassinat de George Floyd a déclenché des protestations mondiales qui ont relancé un nouveau débat sur la diversité à la télévision. Un besoin de réflexion et d’action encore plus mis en évidence par l’utilisation récente du mot “N…” sur les écrans de la BBC. Le premier panel du festival virtuel posait la question : “La TV a-t-elle besoin de responsables de programme noirs”, question déjà posée il y a 12 ans. Cette année, la réponse est définitivement “oui”, et elle devra être suivie d’actions concrètes.

Les discussions autour de la diversité et de l’inclusion étaient en tête du programme d’Edinburgh 2020, mais l’action était également mis en avant, avec, entre autres, le duo de diffuseurs britanniques ITV et Channel 4 qui ont tous deux dévoilé des plans pour mieux représenter leur audience, avec notamment un “Black Takeover day”. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de “l’engagement continu de C4, en tant qu’organisation antiraciste, d’améliorer la représentation des Noirs à l’écran et hors écran et de favoriser un changement à long terme”, a expliqué le directeur des programmes Ian Katz.

THE CHILDREN OF GENGHIS (Original Motion Picture Soundtrack)

THE CHILDREN OF GENGHIS (Original Motion Picture Soundtrack)

Director Zolbayar Dorj

Music composed by Ulziibayar Shatar

Label Plaza Mayor Company Ltd

En ces temps où les voyages deviennent de plus en plus virtuels a défaut d’être vertueux, la parution de cette musique de film est une bouffée d’oxygène. Sur des images époustouflantes on entre un peu dans le peuple mongol d’il y a longtemps et dans sa tradition de trois jeux culturels qui ont toujours existe pendant les périodes de festivités. La lutte, les courses de chevaux et le tir a l’arc sont inscrit dans les trois jeux traditionnels.
Cette se concentrera sur la tradition des courses de chevaux.
Outre les images d’un comte moderne aux confins de la Mongolie c’est l’imaginaire et les sons utilises dans la musique de ce film qui sont riche et plein d’émotion.
Ulziibayar Shatar, a fait appel a sa mémoire mongole traditionnelle et la vérité de son époque. Un score a la hauteur, un score de sensibilité dans la lutte virile qui se joue. Un sens de l’honneur a défendre, un père et son fils… On part dans un vrai rêve avec les yeux, un vrai rêve qui ne peut que s’ouvrir davantage.
On aura le sens du partage dans ce comte mémorable.
A découvrir au plus vite.
Hellen Page

The Mongolian people from long ago have had a tradition of three cultural games that have always been around during the time of festivities. Mongolian wrestling, racing horses and archery were among the three traditional games. This story will focus on the horse racing tradition. The town’s best horse race trainer Bold, has many people gathered at this house for a special announcement. Bold begins to brag about his most prized horse, the brown steed that still has yet to find its rider. After hearing this the townspeople recommend Dambii’s eldest son Dorj to be the rider. Upon hearing this Boldoo decides to ask Dambii’s son Dorj to be the rider for his horse. Dambii lives with his wife, Dolgor and three sons, Dorj (12 yrs old), Byambaa (8 yrs old) Nanzaa (4 yrs old) in the vast countryside in Mongolia. All of Dambii’s sons have a knack for the horse. When Bold recruites Dambii’s eldest son his middle son Byambaa gets angry that he wasn’t chosen to ride. When Byambaa gets angry that he wasn’t chosen the storms off.

Nouveau monde. Xavier Niel : “Ce n’est pas la 5G qui fait augmenter le trafic de données”

L’opérateur Free a dévoilé cette semaine sa huitième génération de box Internet. Le PDG, Xavier Niel, présente cette innovation. Il s’exprime également sur les craintes montantes à l’égard de la 5G.

franceinfo : Quelles sont les caractéristiques de cette Freebox Pop ?

Xavier Niel, PDG-fondateur de Free : Cette nouvelle box intègre des choses que l’on n’a jamais vues dans une box. D’abord, la possibilité de couvrir entièrement votre foyer en Wi-Fi avec un débit jusqu’à 5 gigabits à partager entre tous les équipements. Côté TV, nous allons proposer les meilleurs moments de la Ligue1 de football, sous forme de notifications sur l’écran de télé. En outre, nous allons offrir à nos abonnés qui prendront cette box un forfait mobile 4G illimité, le seul de ce genre en France, à un prix extrêmement bas de 9,99 euros par mois, ce qui est du jamais vu. La box, quant à elle, sera proposée à 39,99 euros, qui correspond au prix moyen du marché. C’est aussi une box minuscule, la plus petite jamais créée en France.

Mais les box TV et Internet ne sont-elles pas vouées à disparaître, en raison de l’intégration de leurs fonctions dans les télés connectées et dans le réseau ?

Nous sommes l’inventeur de la box, et nous sommes donc très attachés à ce petit boîtier. Mais au-delà de cet attachement, le problème des offres sans box (comme celle de Bouygues, NDR) est qu’elles ne sont adaptées qu’aux dernières générations de téléviseurs. Nous, nous avons choisi de réduire au maximum la taille de notre box de manière à ce qu’elle devienne invisible.

Que pensez-vous des manifestions d’opposition à la 5G ?

Ce qui m’inquiète, c’est qu’un retard dans le déploiement de la 5G aurait des conséquences sur l’attractivité économique de la France. Si vous êtes investisseur, vous regardez tous les pays européens, et un retard de la 5G nous pénaliserait. C’est un premier élément. Au-delà de cela, l’appel d’offre sera lancé au mois de septembre. L’Etat a dit quels équipements pourraient ou ne pourraient pas être présents en France. J’espère maintenant que nous sommes partis que l’on pourra rapidement déployer ces technologies. Il faut savoir que la 5G, en France, va être déployée avec des fréquences qui sont utilisées depuis très longtemps, sans problèmes ni d’effets sur la santé. Par ailleurs, c’est une technologie plus moderne qui consomme moins d’énergie. L’empreinte écologique est meilleure avec la 5G qu’avec les autres technologies passées.

Mais la 5G ne va-t-elle pas contribuer à l’accroissement du trafic ?

Ce n’est pas la 5G qui fait augmenter le trafic, c’est notre utilisation des réseaux mobiles qui fait augmenter la consommation de données. Si l’on veut être raisonnable, il faudrait que tout le monde réduise sa consommation de données. Or, d’après les chiffres que j’ai en tant qu’opérateur, on ne va pas dans ce sens-là.

DJ THOR &TONY CORIZIA Albums “Odyssey (Ancient Beats & Myths)”

DJ THOR & TONY CORIZIA

Album “Odyssey (Ancient Beats & Myths)

Featuring Ian Anderson, Remo Anzovino, Jerusa Barros, Stefano Bollani, Cesaria Evora, Giusy Ferreri, Bruno Lauzi, Dorota Miskievcz, Gianni Morandi, Fabrice Quagliotti, Massino Ranieri

Label Plaza Mayor Company Ltd

Distribution The Orchard – Sergent Major Company Ltd

Cd Digital & Cd Physical

Extrait “ONDA SU ONDA » created by Paole Conte

Le temps s’écoule plus lentement et trépidant comme des perles de pluies. Une musique fluide, du tempo a fuir et des ses mélodiques qui nous reviennent en mémoire perdue et maintenant retrouves.
Onda su Onda, la voix de Paole Conte, quelle merveille, Cesaria Evoria et un swing imperturbable, Massino Ranieri,… et tant d’autres…quelle belle histoire de ressusciter ses immenses vestiges de la chanson. De redonner couleur et force a des images et des pensées que nous avons dépensée a une époque et qui reprennent la dimension de leurs espoirs ici sur des tempos fin. Remo Anzovino encore une touche spéciale, italienne, mélodique et vocale comme un San Remo la nuit, un virage de la Baie des Anges, une langueur des plages de Rimini.
Les tempos acidulés, les platines accrochées ont finalement du bon. Un prolongement de nos voyages intérieurs, un regard électronique certes, mais tellement solidaires du temps qui vient et que l’on ne peut arrêter.
DJ Thor & Tony Corizia sont des allies parfait de ce moment que l’on voudrait éternité.
A écouter absolument leur Album « Odyssey (Ancient Beats & Myths)
Hellen Page

The sound of Dj Thor meets that of bassist and international producer Tony Corizia in a new 18-track concept album titled “Odyssey (Ancient Beats & Myths)”.
The two well-known artists – who are not new to major musical projects together – this time, inspired by Homer’s Odyssey, musically address the theme of travel.
During the long quarantine period, isolated in their own studios and connected to each other only through the internet, they have made together, note after note, this long album of an almost 80-minute lenght.
A current original and very visionary sound path where they explore different places, emotions and cultures through music, virtually as in Ulysses’ journey, without moving physically but only in a musical sense that recreates those emotions and sensations.
The themes of sea and nature strongly return throughout the album.
Refined electronic atmospheres, unique ethnic sounds typical of Anatolia along with instruments such as the duduk and forays into chill out music, afrohouse and progressive house with an inevitable touch of pop and jazz that turn some of the tracks into possible radio hits.

Virtually coming out from the Mediterranean Sea and sailing beyond the Pillars of Hercules to Capo Verde, whose music inspires part of this journey, as in the case of Gianni Morandi and Cesaria Evora, who duet together in a classic Cape Verdean, or Giusy Ferreri who sings Creole along with the sensual voice of Jerusa Barros in a brand new remixed track.
International taste in the arrangements and lots of Italian music revisited in a very modern and experimental key: the voice of Massimo Ranieri in an electronic tango with an r’n’b groove, the unmistakable voice of Bruno Lauzi in an electro swing version of “Onda su Onda”.
High level chill out in “Daleko” with pianist and composer Stefano Bollani, the flute of the legendary Ian Anderson of Jethro Tull and Tinkara that intertwine in a classic house piece.
Some tracks are steeped in mystery, inspired by the oldest places in the eastern Mediterranean and with very modern arrangements, typical of the Burning Man Festival.
Another very interesting song on the album is “Stay”, arranged and written by the two artists with the electronic disco dance guru Fabrice Quagliotti of the legendary french group Rockets.

On the album there are also several narrative voices (in English and Italian) from strong cinematic flavor, mention the ancient Homeric poem and a truly inspired poem of the early Twentieth Century.
The album ends with “Götterdämmerung” (or “The Twilight of the Gods”), a name inspired by Richard Wagner, the “trait d’union” between the Nordic mythology – from which the same Dj Thor has drawn inspiration for his name – and the very similar ancient Mediterranean myths (to which, instead, the Odyssey is inspired).

Several hidden and cultured quotes, many emotional musical visions for this long virtual journey, born during the long Spring 2020 quarantine.

Thor (who currently records with Plaza Mayor Company Ltd) is an international DJ and musician, based in Rimini and Riccione. He has performed with his music in Italy, the United Kingdom, Turkey, the United States, the Principality of Monaco, Germany and Japan.
He is the resident DJ of “Villa delle Rose” in Misano and “Peter Pan Club” in Riccione: two Italian reference clubs on the world scene.
Tony Corizia, bass player and producer, well known in the international music scene, member of the italian rock band “MotelNoire” (an album for Sony Music ) and co-author and bass player for Rockets’ “Kids from Mars”. Over time, among others, he has collaborated with Steve Bush (Stereophonics), Bill Rieflin (R.E.M.), Federico Zampaglione (Tiromancino), Jake la Furia (Club Dogo) just to name a few.
In the past the two artists composed and produced together the music for BATMAN “Dark Tomorrow” (Kemco / DC Comics / Warner USA) in collaboration with Tot Taylor and the Royal Philharmonic Orchestra, at the Abbey Road Studios in London and later in Tokyo.
Together they also started the international project Hit-Aliens in 2004 and released the single “Es la colegiala” (FullFX / Warner Music) with the “cameo” by Chuck D (Public Enemy).

The international producer Alberto Zeppieri played the role of “diplomatic agglomerator” beetwen the two and the several artists who take part in the album adding their featurings.

L’inquiétante trajectoire de la consommation énergétique du numérique

Le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGEIET) a publié en novembre un rapport sur la consommation d’énergie du numérique en France. L’étude recense le parc, liste les consommations et en déduit leur montant global.

Les résultats sont plutôt rassurants. Par rapport à 2008, la consommation numérique au niveau national semble stabilisée.

Les transformations en cours (croissance des usages vidéo, « numérisation de l’économie », « plate-formisation », etc.) ne semblent pas avoir de conséquences sur la dépense énergétique.

Un constat qui s’expliquerait par les gains en efficacité énergétique, et par le fait que la progression de la consommation des smartphones et data centers a été compensée par le déclin des télévisions et des PC.

Ces conclusions, au premier abord optimistes, méritent toutefois un examen plus approfondi.

61 millions de smartphones en France
Avant tout, voici quelques repères donnés par le rapport pour appréhender l’ampleur du parc numérique français. Le pays compte 61 millions de smartphones en service, 64 millions d’ordinateurs, 42 de téléviseurs, 6 millions de tablettes, 30 millions de box… Ces volumes déjà importants sont toutefois à prendre avec des pincettes, les auteurs du rapport estimant avoir fortement sous-évalué les équipements professionnels.

Le rapport prévoit dans les prochaines années une croissance du parc de smartphones (notamment chez les personnes âgées), une baisse de celui des PC, la stabilisation des tablettes et une saturation du temps passé sur écran (qui s’établit aujourd’hui à 41h/semaine).

Le texte suggère néanmoins de rester attentif, notamment sur les nouveaux usages : la vidéo 4K puis 8K, les jeux sur cloud via 5G, la voiture connectée ou autonome, l’installation grandissante de centres de données en France et le stockage de données… Une hausse de 10 % de la vidéo en 4K en 2030 produirait à lui seul une hausse de 10 % de la consommation électrique globale du numérique.

Nous pensons que ces conclusions rassurantes doivent être pour le moins tempérées, pour trois principales raisons.

L’efficacité énergétique, pas éternelle
La première est l’efficacité énergétique. Le célèbre énergéticien Jonathan Koomey a établi en 2011 que la puissance de calcul par joule double tous les 1,57 ans.

Mais cette « loi » de Koomey résulte d’observations sur quelques décennies seulement : une éternité, à l’échelle du marketing. Pourtant, le principe de base du numérique est toujours le même, depuis l’invention du transistor (1947) : utiliser le déplacement des électrons pour mécaniser le traitement de l’information. La cause principale de la réduction de la consommation est la miniaturisation.

Or, il existe un seuil minimal de consommation d’énergie physique pour déplacer un électron, dit « minimum de Landauer ». Un tel minimum théorique ne peut être qu’approché, en termes technologiques. Ce qui signifie que l’efficacité énergétique va ralentir puis s’arrêter. Plus la technologie le côtoiera, plus les progrès seront difficiles : on retrouve en quelque sorte la loi des rendements décroissants établie par Ricardo voici deux siècles, à propos de la productivité de la terre.

La seule manière de surmonter la barrière serait de changer de paradigme technologique : déployer l’ordinateur quantique à grande échelle, dont la puissance de calcul est indépendante de sa consommation énergétique. Mais le saut à accomplir est gigantesque et prendra des décennies, s’il se produit.

Une croissance des données exponentielle
La seconde raison pour laquelle le constat du rapport est à relativiser est la croissance du trafic et de la puissance de calcul appelée.

Selon l’entreprise informatique américaine Cisco, le trafic décuple actuellement tous les 10 ans. Suivant cette « loi », il sera multiplié par 1 000 d’ici 30 ans. Aujourd’hui, un tel débit est impossible : l’infrastructure cuivre-4G ne le permet pas. La 5G et la fibre optique rendraient possible une telle évolution, d’où les débats actuels.

Regarder une vidéo sur un smartphone implique que des machines numériques – téléphone, centres de données – exécutent des instructions pour activer les pixels de l’écran, générant l’image et son changement. Les usages du numérique génèrent ainsi de la puissance de calcul, c’est-à-dire une quantité d’instructions exécutées par les machines. Cette puissance de calcul appelée n’a pas de rapport évident avec le trafic. Un simple SMS peut aussi bien déclencher quelques pixels sur un vieux Nokia ou un supercalculateur, même si bien entendu, la consommation d’énergie ne sera pas la même.

Dans un document datant déjà de quelques années, l’industrie des semi-conducteurs a tracé une autre « loi » : celle de la croissance régulière de la puissance de calcul appelée à l’échelle mondiale. L’étude montre qu’à ce rythme, le numérique aurait besoin, en 2040, de la totalité de l’énergie mondiale produite en 2010.

Ce résultat vaut pour des systèmes pourvus du profil moyen de performance de 2015, date de rédaction du document. L’étude envisage aussi l’hypothèse d’un parc mondial pourvu d’une efficacité énergétique 1000 fois supérieure. L’échéance ne serait décalée que de 10 ans : 2050. Si l’ensemble du parc atteignait la « limite de Landauer », ce qui est impossible, alors c’est en 2070 que la totalité de l’énergie mondiale (en date de 2010) serait consommée par le numérique.

Numérisation sans limites
Le rapport ne dit pas que les usages énergivores ne sont pas quelques pratiques isolées de consommateurs étourdis. Ce sont des investissements industriels colossaux, justifiés par le souci d’utiliser les fantastiques vertus « immatérielles » du numérique.

De toutes parts, on se passionne pour l’IA. L’avenir de l’automobile ne semble plus pouvoir être pensé hors du véhicule autonome. Microsoft envisage un marché de 7 milliards de joueurs en ligne. L’e-sport se développe. L’industrie 4.0 et l’Internet des objets (IdO) sont présentés comme des évolutions irréversibles. Le big data est le pétrole de demain, etc.

Or, donnons quelques chiffres. Strubell, Ganesh & McCallum ont montré, à partir d’un réseau de neurones courant utilisé pour traiter le langage naturel, qu’un entraînement consommait 350 tonnes de CO₂, soit 300 allers-retours New York – San Francisco. En 2016, Intel annonçait que la voiture autonome consommerait 4 petaoctets… par jour, sachant qu’en 2020 une personne génère ou fait transiter 2 GB/jour : 2 millions de fois plus. Le chiffre annoncé en 2020 est plutôt de 1 à 2 TB/heure, soit 5000 fois plus que le trafic individuel.

Une caméra de surveillance enregistre 8 à 15 images/seconde. Si l’image est de 4 Mo, on arrive à 60Mo/s, sans compression, soit 200 Go/heure : c’est tout sauf un détail dans l’écosystème énergétique du numérique. Le rapport EDNA de l’IEA pointe ce risque. La « vidéo volumétrique », à base de caméras 5K, génère un flux de 1 To… toutes les 10 secondes. Intel estime que ce format est « le futur d’Hollywood » !

Le jeu en ligne consomme déjà plus, en Californie, que la puissance appelée par les chauffe-eau électriques, les machines à laver, les machines à laver la vaisselle, les sèche-linge ou les cuisinières électriques.

Plaza Mayor Company présente la bande originale du film de science-fiction espagnol The Platform (El Hoyo)

Plaza Mayor Company présente la bande originale du film de science-fiction espagnol The Platform (El Hoyo). L’album contient la musique composée par Aránzazu Calleja.

La Plateforme est un film de science-fiction espagnol réalisé par Galder Gaztelu-Urrutia avec Iván Massagué, Antonia San Juan, Zorion Eguileor, Emilio Buale et Alexandra Masangkay.

Le film se déroule dans une future dystopie. À l’intérieur d’un système carcéral vertical, les détenus sont assignés à un niveau et contraints de rationner la nourriture à partir d’une plate-forme qui se déplace entre les étages, un système qui favorise les premiers servis et affame les derniers.….
La Plateforme est une allégorie sociale tordue sur l’humanité dans sa forme la plus sombre.
La Plate-forme est une allégorie sociale tordue sur l’humanité à son plus sombre et le plus affamé.
Une prison verticale avec une cellule par niveau. Deux personnes par cellule. Une seule plate-forme alimentaire et deux minutes par jour pour se nourrir de jusqu’à vers le bas. Un cauchemar sans fin piégé dans The Hole.
Un endroit mystérieux, une prison indescriptible, un trou de dépôt. Un nombre inconnu de niveaux. Deux détenus vivant à chaque niveau. Une plate-forme descendante contenant de la nourriture pour tous. Un combat inhumain pour la survie, mais aussi une opportunité de solidarité.

Dans un scenario ou les natures humaines sont lâchées, au bord du précipice de leur vie, on entre dans le monde de tous les possibles. Une prison étrange qui mêle une oppression, un aveuglement et une luxuriance dans la nourriture…. Un monde parallèle qui se réveille et doit s’inventer a chaque instant… Il fallait les cordes d’une contrebasse, le son métallique des cloches basques pour recréer ces souffles de vie. A Aránzazu Calleja a user des cacharros en signe d’avertissement du monde qui bascule comme elle a use de violons qui grincent quand le plat pays s’envole dans des destinations inconnues.

L’allégorie sociale tordue et confondue de l’humanité se défend a l’inhumanité comme un couteau qui se retourne vers l’agresseur et se plante et se plante jusqu’à ce que le sang ne soit plus de couleur ou de rivière, juste un fleuve nauséabond.

Maitrise d’un scenario, maitrise d’une musique complexe, il fallait de l’imagination, du panache et une certaine vertu pour se sortir de cet endroit sombre et complexe.

Une signature a retenir qui devrait écrire et encore écrire des scores sur de capables scenarios sombres comme heureux. Bravo a Aránzazu Calleja.

Hellen Page

Note de la compositrice Aranzazu Calleja:

Tous les processus créatifs définissent dans une large mesure le résultat d’une œuvre. Cette idée est tout à fait logique avec la bande sonore d’El Hoyo, qui a été créé à partir d’une recherche minutieuse de découvertes imprévisibles et des idées qui ont progressivement défini la ligne esthétique de la musique.
La musique fait semblant de plonger le spectateur dans un endroit étrange, dont les règles pour survivre sont compris avec Goreng, le protagoniste.
Confusion, rêverie, étrangeté et le grotesque cèdent la place à la désolation et à la misère humaine et enfin se frayent un chemin vers le ciel (ou l’enfer).

Note du réalisateur, Galder Gaztelu-Urrutia: El Hoyo, à grand effet, emploie plusieurs changements brusques de ton, créant une expérience émotionnelle symboliquement désorientante. Augmentée par une bande-son puissante, l’atmosphère tonale chaotique d’El Hoyo transmet avec succès l’intention tacite de ses personnages richement dessinés

  • 01 – La cocina
  • 02 – EL hoyo
  • 03 – La Plataforma
  • 04 – Calor
  • 05 – Admitido
  • 06 – Samurai Plus
  • 07 – Agallas para qué
  • 08 – Miharu mata
  • 09 – Rutinas
  • 10 – Miharu da de comer a Goreng
  • 11 – Sueño erótico de Miharu
  • 12 – CVA
  • 13 – 200 Nivels
  • 14 – Imoguiri trata de convercer a los de abajo
  • 15 – Pesadilla de Goreng
  • 16 – Contar niveles
  • 17 – Baharat
  • 18 – Ayúdame a baja
  • 19 – Comienza el descenco
  • 20 – El mesías
  • 21 – El símbolo
  • 22 – Desciendiendo a palos
  • 23 – Encuentran cadáveres
  • 24 – Desolación
  • 25 – Nivel 333
  • 26 – Ella es el mensaje
  • 27 – Desciende con la niña
  • 28 – Su viage ha terminado

Music composed and produced by ARÁNZAZU CALLEJA

Violin, hurdy-gurdy ARÁNZAZU CALLEJA
Voice NEREA GONZÁLEZ ESTÉBANEZ

Mixed and mastered by IÑAKI ALONSO at SONORA ESTUDIOS, GASTEIZ
Coordinated by PAKO RUIZ

Transformation numérique forcée – Comment les médias se sont adaptés pendant la crise du Covid-19

Jamais nous n’aurons été aussi proches de nos audiences que pendant le confinement déclenché par le Covid-19. Les fondements de la mission de service public (informer, divertir, éduquer) avaient ainsi soudain toute leur raison d’être, et étaient plébiscités par un public d’habitude moins présent sur nos ondes. D’autant que le besoin d’information n’a jamais été aussi prononcé, et le temps disponible jamais aussi important.

Accélérateur par excellence de la transformation numérique, le coronavirus aura aidé les entreprises – des banques aux écoles en passant par les médias justement -, à franchir le pas nécessaire pour passer du “offline” au “online”. Avec des pays entiers qui basculent soudainement de la mobilité à la sédentarité, de l’open space au “seuls ensemble”, ce “new normal” semble avoir un avantage évident pour les médias (et les services de streaming et réseaux sociaux) : nos audiences furent enfermées avec leur téléviseur, leur smartphone, leur tablette, et certains purent suivre les programmes en direct, non contraints par leur agenda professionnel.

En quelques semaines de confinement, Disney+ a atteint 50 millions d’abonnés à travers le monde avec 2 ans d’avance, et 47,7 millions de Français se sont rassemblés devant la TV chaque jour (+ 12% par rapport à une période normale, on touche même +46% chez les 15-24 ans), et ce pour près d’une heure de plus qu’avant le Covid-19. La part de l’information est passée de 16% à 23% dans les contenus consommés. En ce confinement forcé, la télévision et la radio linéaires tiennent compagnie, le livestreaming permet de suivre en direct le basculement du monde dans une crise jamais connue avant. Les tendances technologiques clés qui façonnent l’économie mondiale se trouvent brusquement accélérées par le Covid-19.

A peine arrivés dans le “Digital first”, les médias se retrouvent face au “Virtual first”. Avec des émissions TV transformées en Instagram Direct, Facebook ou Twitch Live et des journalistes en duplex depuis leur salon, les équipes s’adaptent à la disruption du monde et aux réductions d’effectifs et de moyens, tout en maintenant la “continuité de production”. La créativité naît de la contrainte et a fait émerger de nouveaux formats, plus légers, plus spontanés, et surtout plus interactifs.

Collaboration, échange d’information, partenariats

Pour faire face à la crise, les médias ont rapidement compris l’importance de l’échange d’informations et de bonnes pratiques, voire même de contenus. Côté Ressources Humaines, il a fallu s’adapter très vite : des équipes qui ne se croisent plus jamais, le télétravail pour (presque) tous du jour au lendemain – Zoom, Meet et Teams sont les nouvelles salles de réunion. Règles de distanciation imposées en reportage, montage vidéo à distance via le cloud et des machines virtuelles, mise en commun des équipes, des opérations et des plateaux bousculent les habitudes de travail du journalisme télévisé. Les correspondants étrangers sont bloqués par la fermeture des frontières, mais cela permet aussi d’offrir le regard, l’ouverture sur l’international devenant le miroir de nos propres expériences.

Côté contenus, la grille est revue et séquencée en tranches. Des productions sont arrêtées, les formats trop compliqués à produire suspendus. La priorité numéro une est le maintien, et même le renfort, des rendez-vous d’information. Des émissions en direct sont diffusées “à huis clos” sans public, l’info est sollicitée pour alimenter la grille d’été faute d’événements sportifs. Faute de productions fraîches, on “réchauffe” les archives. Après un premier engouement très fort pour l’info, le divertissement est plébiscité comme échappatoire.

Toute la beaute du monde (Original Motion Picture Soundtrack)

Director Marc Esposito

Cast: Marc Lavoine, Zoé Félix, Jean Pierre Darroussin…

Music composed by Béatrice Thiriet

Label Plaza Mayor Company Ltd

Abbey Road Studio recording

Les musiques de Beatrice Thiriet sont à l’image de ses films ; tendres, généreux et qui ne s’arrêtent jamais de raconter de belles histoires. Les belles histoires ont évidemment de l’amour à donner et à partager. De l’amour de romans photos ou de romans tout court. Car les pages blanches se remplissent de ses mots délicats.

Beatrice Thiriet remplis de notes délicates, de touches successives, de peintures acides et acryliques les images de Marc Esposito. Un tableau de choix avec des moments passes aux Abbey Road Studios, des panoplies de talents avec les archers d’un London orchestra. La partition devient complète avec les images d’un Marc Lavoine et d’un Zoe Felix et l’inénarrable Jean Pierre Daroussin. Il y a de ces histoires françaises qui n’en finissent pas et ses beautés de paysages à l’autre bout du monde.

Nous avons besoin d’enchantement et qu’un film s’intitule : Toute la beauté du monde… tout est dit, tout est écrit et tout le reste de beauté, de bonté n’a plus qu’à venir.

Hellen Page

C’est l’histoire de Franck et Tina. Franck aime Tina, mais elle ne peut pas l’aimer. L’homme de sa vie vient de mourir et elle fait une dépression nerveuse. Lors d’un voyage en Asie, où Tina tente de redécouvrir son zeste de vie, Franck devient peu à peu indispensable en tant que guide, compagnon de voyage et, bientôt, ami… Tina finira-t-elle par tomber amoureuse de lui ?

Note de la compositrice : Béatrice Thiriet

 J’ai rencontré Mar Esposito quand il réalisait son film « Le coeur des hommes ». C’était une comédie, nous avions imaginé un thème rock’n roll 

et puis il m’a parlé de cette histoire romantique qu’il était en train d’écrire, une histoire d’amour qui se passait à. Bali . 

 ET. 

Un jour il a dit au producteur du film, je veux travailler avec Béatrice Thiriet pour mon film balinais qui s’appellera “Toute la beauté du monde “.

J’ai revu Marc Esposito ; travailler avec vous c’est comme travailler avec Mozart ! j’étais un peu surprise mais il a ajouté très élégamment « écrivez une symphonie je la mettrai dans mon film ». 

 J’ai compris que ce qu’il voulait dire avec d’autres mots c’est qu’il voulait une musique symphonique, mais je l’ai pris au mot et voilà cette symphonie est née et a été enregistré à Abbey Road dans les meilleurs conditions et Marc en a intégré des fragments dans son film. 

C’est un très beau souvenir musical, j’ai mis dans la musique la luxuriance, le calme et la beauté du paysage balinai . 

Le titre de la symphonie est d’ailleurs “Car ici tout n’est que beauté ” 

https://fanlink.to/c5qu

Journalisme : révolte dans les rédactions et tentation de l’activisme #BLM

L’évènement #BlackLivesMatter est en train de tout dominer dans les rédactions en Amérique et rapidement en Europe. Sous la pression des jeunes générations, l’incandescence du mouvement social #BLM y fait émerger actuellement une tentation, voire une revendication, d’activisme, qui dépasse désormais les frontières des Etats-Unis.

Là-bas, le débat fait rage depuis la publication en fin de semaine dernière par le New York Times d’un op-ed d’un sénateur républicain appelant à la fermeté absolue contre les manifestants. La rédaction s’est révoltée, le responsable des pages édito a démissionné. D’autres titres US ont fait partir des cadres dirigeants. Le Washington Post se pose des questions.

La traînée de poudre a immédiatement gagné le Canada. En quelques jours chez eux, la colère des journalistes afro-américains, amérindiens, autochhtones, d’origine asiatique a éclaté pour réclamer une modification des normes et pratiques journalistiques, notamment dans les médias anglophones.

« Ils veulent casser la baraque », nous disait cette semaine une dirigeante de l’info d’un grand groupe de médias.

Car il ne s’agit pas seulement, pour les journalistes des minorités de s’exprimer davantage ou d’avoir plus de visibilité dans les rédactions trop peu inclusives, mais bien de favoriser une couverture activiste et engagée contre l’immoralité. Certains journalistes et animateurs n’hésitent plus à « vider leur sac à l’antenne » des radios ou des télés. Les journalistes posent un genou à terre sur les réseaux sociaux.

Les responsables éditoriaux essaient de comprendre, tentent de lutter contre cette tentation de l’engagement et de changement des règles déontologiques, voire de risque de marginalisation si des prises de position sont prises. Mais tout le monde n’est pas sur cette ligne.

La pdg de CBC/Radio Canada, Catherine Tait, s’est engagée par exemple à ce que 50% des nouvelles recrues de la rédactions de l’audiovisuel public canadien viennent désormais des minorités.

“Au lieu de faire comme d’habitude, les journalistes doivent mettre de côté leur longue histoire d’amour avec l’objectivité et apprendre à se situer par rapport à leur histoire sociale, leurs relations et leurs obligations. Les journalistes doivent reconnaître que ce qu’ils pensent être un fait est profondément lié à qui ils sont et d’où ils viennent au sens large et spécifique du terme.

En outre, les journalistes doivent employer ce que nous appelons un journalisme systémique qui couvre les événements et les questions non pas comme des événements ponctuels, mais comme des intersections de systèmes et de structures sociétales qui ont une histoire. Cela signifie qu’ils doivent enquêter sur des histoires que beaucoup n’ont pas apprises et ne connaissent pas.”, écrivent cette semaine deux professeurs émérites de journalisme au Canada.

Vous l’avez compris, il n’est donc plus question pour les insurgés de présenter « de manière neutre », pire « objective », des faits ou des points de vue opposés, mais bien de prendre position au nom de la morale. L’éditorialisation des reportages n’est pas loin. Aux Etats-Unis, la polarisation de la société, déjà très marquée par l’opposition idéologique des grandes chaînes d’infos, se renforce.

Les jeunes, qui nous reprochent, souvent avec raison, notre mollesse sur les grands sujets de l’époque (climat, racisme, inégalités sociale, genres, …) et nos ratages sur tout ce qui n’est pas « mainstream », sont à la manœuvre. Y compris désormais sur TikTok. Tout simplement car ils sont bien plus confrontés 24/7 dans les réseaux sociaux à l’âpreté des débats. Et Ils n’ont pas tort non plus de nous rappeler que dans les années 30 les grands correspondants de la presse internationale installée à Berlin n’ont pas su alerter le monde.