QUI M’AIME ME SUIVE ! Film de José Alcala Musique de Fred Avril

QUI M’AIME ME SUIVE !

Film de José Alcala

Musique de Fred Avril

Label Plaza Mayor Company Ltd

The Orchard

France Cinema 20 Mars 2019

1 – Lui

2 – Elle

3 – Simone feat. Mick Harvey, Stu Thomas, Xanthe Waite

4 – La démangeaison des ailes

5 – Terrils alcalins

6 – Jaguar

7 – Nuit

8 – Pergola

9 – Simone (instrumental)

10 – Shred

11 – Rictus

12 – En voiture

13 – Simone (comeback) feat. Mick Harvey, Stu Thomas, Xanthe Waite

14 – Retrouvailles

Musique de Fred Avril 

Paroles sur “Simone” : Mick Harvey

Qui m’aime  me suive, pourrait aussi s’appeler la pate des hommes, tellement chavirant de naïveté et de bonté quelque peu beauf, mais tellement bonhomme. Un Daniel Auteuil tout en homme désabusé, débusqué, un Bernard Le Coq dandy éternel et flambeur potentiel. Une mayonnaise amenée a l’aigre douce par une Catherine Frot, joueuse, rieuse jusqu’à l’excès et subitement juste quand les sentiments sont dans un inextricable pelote de laine.

Pour tricoter ce mélo, une guitare scintillante, un partage de son complice et omniprésent, un Fred Avril, orfèvre d’ambiance. De ceux qui construise des microsillons et et trouve le raccord inextricable. Fred Avril joueur de cordes et compositeur avec le nomme Mick Harvey, d’un refrain entêtant et d’un road movie incertain mais que l’on retient.

De Mick Harvey on ne peut que se souvenir de ses collaborations avec Nick Cave et de leur groupe The Boys Next Door et de frénétiques aventures entre l’Australie, Londres et le Berlin de la scene post punk. Il y aura aussi les collaborations avec PJ Harvey et des reprises de chansons de Mano Negra ou encore de Serge Gainsbourg.

Le tout a la barre et a la voix de Xhante Waite et on obtient une ritournelle qui cogne et frappe jusqu’à la tendresse. Un tourbillon de mots et de murmures qui tangue dans les amours vacillants.

Fred Avril a du son et du gout pour s’entourer de rares perles et monter des projets pertinents.

C’est un déclic de guitare électrique, un swing de tango ébouriffé, un opus rebelle et déjanté.

Toujours en mode road movie, Qui m’aime me suive, se regarde, se vit et s’écoute…

On écoutera donc…

Hellen Page

NOTE DU COMPOSITEUR

Cette B.O. est le fruit d’une étroite collaboration avec le réalisateur Jose Alcala, qui m’a soutenu et fait confiance à chaque étape. La question que je me pose toujours en composant est : où pose-t-on le projecteur ? La force de José, c’est sa sincérité : il retranscrit l’âme humaine avec une précision hors du commun – on devine un sourire amusé quand il s’est reconnu, lui, son père ou son oncle, et on sourit parce qu’on reconnaît les nôtres. Pour moi, cette sincérité est avant tout servie par les failles des personnages : dès le générique de début, j’ai donc voulu mettre en lumière l’aspect “cassé”, rugueux, bancal de Daniel Auteuil alias Gilbert qui apparaît mal rasé à l’arrière d’une jeep. Avec une guitare cigars box, des percussions et un berimbau, j’ai créé un instrumentarium “rugueux” revenant souvent dans le film, opposé aux aspirations aériennes de Simone (cordes). J’ai également pensé à leur relation maladroite, comme de gros doigts tentant de jouer doucement sur une guitare amplifiée très fort, prête à exploser. Plus tard dans le film, elle explose, accompagnant leur élan de liberté, avec des éléments de rock’n’roll surtout de la fin des années 70 (époque de leur jeunesse).

Elément-clé de cette comédie d’auteur, la nature flamboyante présente partout m’évoquait les contrées américaines d’un road trip dont les personnages seraient des pieds nickelés. En clin d’oeil à ce road trip, j’ai imaginé comme générique de fin un trio country-folk composé, comme les personnages principaux, de deux hommes et d’une femme. Figure illustre du post-punk, j’ai invité Mick Harvey qui a cette virilité et cette tendresse dans la voix, assorties d’une élégance et d’une simplicité qui s’accordent bien à l’univers du réalisateur.

https://itunes.apple.com/us/album/qui-maime-me-suive-bande-originale-du-film/1457082204

NOTE DU REALISATEUR

Dans mes films précédents, je ne voulais pas de musique. Je m’attachais plutôt à traiter les sons comme une sorte de “soutien musicalisé“ aux images, à l’histoire que je racontais. Pour ce nouveau film, tout est différent, l’évidence de la musique s’est imposée dès l’écriture. L’idée du scénario est venue d’un couple de personnes âgées que je croise depuis des années dans un village du sud de la France. Ils arrondissent leur maigre retraite en vendant des pizzas qu’ils cuisinent dans un camion installé dans leur jardin. Lui, l’ancien garagiste aux allures de rocker ténébreux, et sa femme, toujours joyeuse, accompagnent le service de morceaux musicaux des années 60/70 qui varient selon leur humeur. Pop anglaise, variété, rock, folk, c’est toujours une surprise. Presque malgré moi cette musique a guidé l’écriture de l’histoire.
Très vite, la guitare s’est imposée comme instrument de référence. Une guitare dont les tonalités rock-folk collent au personnage de Gilbert (Daniel Auteuil). À sa façon d’être, à son look : Jeans, bottes et vieux blouson de lutte. Des balades douces ou quelques fois plus rugueuses accompagnent le road-movie sentimental de ce retraité tenace et bagarreur. Un homme en quête d’amour, autant que de lui-même. Flanqué de son petit-fils au caractère bien trempé et de son vieil ami qui lui joue le mauvais tour d’être aussi l’amant de sa femme. Comme je ne suis pas musicien je n’ai que les mots pour partager la musique que j’imagine.
En rencontrant Fred Avril, ces mots, ces idées, se sont transformés en notes de musique. Il regarde le montage : Daniel Auteuil magnifique de générosité, avec sa barbe de trois jours, sa moustache des années 70, qui regarde sa vieille dépanneuse disparaître au bout du chemin, enlevée par des huissiers. Fred est touché, inspiré. Les idées, que nous échangeons se transforment vite en
musique. Sa guitare résonne, donne un sens profond aux paysages qui défilent, en accord parfait avec l’immensité des terres arides et rouge du sud de la France, les étangs, les plages, la mer, qui s’étirent à l’infini. Très vite ce n’est plus Daniel Auteuil, mais Gilbert qui, au volant de sa vieille 4L fourgonnette, quitte son garage, ses habitudes, pour partir chercher sa femme, Simone (Catherine Frot).
Fred Avril travaille autour d’un thème principal décliné en plusieurs variations qui se fondent aux différentes situations. Musique mélancolique quand Gilbert surprend Simone lascivement blottie dans les bras d’Etienne son voisin et ami. Quand Simone s’en va après avoir abusé de substances diverses et que les gendarmes l’attrapent, elle est accompagnée d’une musique un peu folle, mais toujours tendre, comme une caresse bienveillante sur ses dérives.
La musique accompagne le film, lui colle à la peau, souligne les sensations, les émotions, avec une extrême élégance. Elle enlace les sons, les soutient en même temps qu’elle sublime le jeu des comédiens, l’intensité dramatique ou l’aspect ludique de l’histoire.

https://fanlink.to/bxks

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