“Tech Trends 2019”, Amy Webb décrypte notre avenir dominé par l’IA

Injecter des nuages en eau de mer dans le ciel pour réguler la température, se retrouver enfermés dans notre smart-home avec un micro-ondes qui refuse de nous préparer à manger parce qu’il a décidé que nous avons besoin d’un régime, un service premium payant réservé aux riches pour bénéficier de la protection des données – voici quelques scénarios de notre futur possible. Amy Webb, la fondatrice de l’Institut Future Today et professeure à la New York University Stern School of Business a publié ce week-end son rapport “Tech Trends 2019” lors du festival SXSW à Austin, Texas.

Pour cette 12ème édition de son ouvrage visionnaire sur les enjeux à suivre à court et long terme, 315 tendances dans la tech et la science ont été détectées (+30% par rapport aux précédents rapports), une augmentation due à l’accélération des technos l’année dernière, des biotechnologies aux réalités mixtes, en passant par les satellites ou encore le transport. Comme pour la dernière décennie, le rapport est dominé par l’IA comme enjeu principal pour l’ensemble des secteurs, y compris les médias.

Déclinées en 48 scénarios calculés par des algos, elles prédisent un avenir mi optimiste (17) mi catastrophique (11), et incitent surtout à l’action.

La méthode
Quel rapport entre Walmart et les genomes ? S’il fallait retenir une idée de ce rapport de 381 pages c’est bien qu’il ne suffit pas de regarder sa propre industrie pour comprendre les tendances à venirLes technos convergent de plus en plus : impression 4D, décryptage des génomes avec CRISPR-Cas9, micro-agriculture combinés feront que nos aliments en 2030 ne viendront plus de l’Amazonie, mais bien d’Amazon, qui a d’ailleurs annoncé la semaine dernière la sortie une nouvelle chaîne d’épiceries. Pour prévoir efficacement le futur, selon Amy Webb, les entreprises devraient modifier leur relation au temps pour trouver le bon équilibre entre décisions tactiques, stratégiques et visions à long terme.

7 idées clés à emporter du rapport 2019

1. La mort de la vie privée

En 2019, nous sommes devenus des machines produisant perpétuellement des données (de façon volontaire ou non), à travers l’utilisation de nos smartphones, smart-speaker ou dans nos smart-homes tout court. Un nouvel enjeu pour les entreprises qui traitent nos données : stocker et protéger les données, et éviter les biais dans leur utilisation.

2. VSO est le nouveau SEO 

D’ici fin 2020 la moitié de nos interactions avec des ordinateurs se fera par la voix. La “Voice Search Optimization” vient alors le nouvel enjeu pour être trouvé dans un océan de contenus. Selon Amy Webb40% des ménages américains seront équipés d’un assistant vocal d’ici fin 2019.

3. La domination des “Big Nine”

La recherche autour de l’IA est aujourd’hui concentrée entre les mains de seulement 9 companies tech (Google, Amazon, Microsoft, Apple, IBM et Facebook aux US, et Baidu, Alibaba and Tencent en Chine). Les labos de recherche dépendent de leurs données, outils et moyens. Des systèmes d’IA complexes seront construits sur l’un de ces environnements, des décisions difficilement réversibles.

4. PDR, un dossier de données personnelles

Des compilations de l’ensemble de nos données, des données d’utilisation de nos smartphones à nos diplômes d’école, qui seront passées de génération en génération, et dont nous serons, normalement, les propriétaires. Cette tendance sera soutenue par les moyens de la reconnaissance faciale et vocale, de la détection de la structure de nos os (sur laquelle travaille l’armée aux US) et même de la reconnaissance de personnalité.

5. L’ascension continue de la Chine, non seulement en IA

La tendance évoquée l’année dernière est confirmée. Conquête de l’espace, nouvelle génération d’Internet, édition des génomes, voitures électriques… “Aucun autre gouvernement est dans la course vers l’avenir de façon aussi contrôlée et véloce”, même si un ralentissement de l’économie signifiera aussi une décélération dans ces industries. Un rapport de l’institut Elsevier voit la Chine comme la puissance dominante en IA dans les 5 années à venir.

6. La réglementation juridique des nouvelles technos

Les juristes du monde entier sont dépassés par la vitesse et l’étendue des développements de nouvelles technos, et il leur sera difficile de proposer des lois adéquates.

7. La consolidation

La collaboration entre géants de la tech, médias et robotique est bénéfique pour les développements techniques, mais attire aussi l’attention des régulateurs.

La robotique moléculaire, des collaborations de robots, des robots hackés par des humains, des flottes de drônes et leurs centres de contrôle, des bateaux autonomes et voitures sous-marines et le retour du voyage supersonique sont d’autres tendances évoquées dans le rapport. Amy Webb dresse aussi la liste des villes les plus “smart”, avec en numéro 1 cette année Copenhague, suivie d’autres capitales nordiques. Pas étonnant quand on connaît leur puissance en termes d’innovation.

Les enjeux pour les médias

Un chapitre est consacré aux tendances détectées pour le secteur des médias, de l’édition et des réseaux sociaux. L’IA y est évidemment prédominante, avec des compétences à acquérir d’urgence.

Maîtriser les algorithmes et les données

Des compétences nouvelles sont demandées aux journalistes pour investiguer des sujets autour de l’IA et les algos. Il est plus que jamais important de rendre transparent le fonctionnement des algos, pour comprendre d’où vient une information et comment elle est diffusée. Nous arriverons bientôt au point critique où nous ne serons plus capables de distinguer entre un jeu de données détérioré volontairement ou modifié accidentellement. Le reportage assisté par ordinateur est augmenté par l’IA et permet, grâce à l’indexation multilingue, à l’extraction d’entités, à la visualisation algorithmique et à l’analyse multidimensionelle des jeux de données pour trouver des liens impossibles à détecter auparavant. Le “crowdlearning” scrute en parallèle les comportements des utilisateurs sur les plateformes pour en déduire des tendances. La demande de compétences dans ces domaines sera exponentielle pour les rédactions, mais difficile à satisfaire pour le service public, qui manque de moyens pour attirer ce type de profils. Il s’agira non seulement d’être capable d’utiliser l’IA pour investiguer des masses de données, mais aussi d’investiguer sur les IA et les algos eux-mêmes.

https://www.amazon.fr/Budapest-Original-Motion-Picture-Soundtrack/dp/B079ZV79FN/ref=sr_1_fkmr0_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&keywords=atty+pacsay&qid=1552451270&s=music&sr=1-1-fkmr0

Pour entraîner l’IA, on manque aujourd’hui cruellement de jeux de données fiables. Des chercheurs du Data to AI Lab au MIT Laboratory for Information and Decision Systems sont en train, grâce au machine learning, de créer des jeux de données synthétiques (SynLBD) pour éviter les biais des bases d’entraînement habituels, comme les fameux emails d’Enron. Selon Amy Webb, ces jeux de données artificiels seront de plus en plus importants. L’IA aidera aussi au fact-checking automatisé par des algorithmes, sans qu’Amy Webb n’aille cependant plus en détail sur cette partie (le mot blockchain n’est même pas évoqué dans cette partie du rapport).

Elle évoque en revanche le besoin d’une “transparence radicale” désormais, pour contrer la perte de confiance à laquelle sont confrontés les les médias, depuis les scandales Cambridge Analytica, les élections US et la diffusion continue de fake news.

Tirer profit des nouvelles technologies pour rendre un service personnalisé et créer l’engagement

La GAT (Génération automatique de textes) pourra servir aux médias pour proposer non seulement une seule version d’un texte, mais pour adapter le texte aux différents publics. Les données annuelles du Berkshire Hathaway’s pourraient ainsi être présentées différemment à un public d’experts de la finance, d’étudiants ou de non professionnels, et peuvent aider à atteindre de nouvelles cibles. Les médias peuvent aussi renforcer leur relation avec l’audience par les plateformes de messageries, qui concentreront, à l’instar de WeChat, de plus en plus de fonctionnalités, avec un enjeu important de monétisation grâce à un service personnalisé.

https://itunes.apple.com/us/album/budapest-noir-original-motion-picture-soundtrack/1314961534

Dans le même sens, l’apparition de rédactions éphémères et d’éditions limitées très ciblées pour un seul événement permettra d’atteindre des cibles spécifiques et de proposer des modèles publicitaires efficaces. Le retour des newsletters et podcasts, mais aussi l’évolution des réalités mixtes, permettent d’atteindre une audience de niche, et les modèles “One to few” vont encore grandir, le journalisme se transformant en réel “service“.

Des nouveaux formats audio et visuels permettront d’engager davantage l’audience. Interactivité, immersion et personnalisation sont les 3 enjeux clés. Bandersnatch de Netflix n’est qu’un début. A l’instar de la maison de production Eko qui crée des expériences vidéos interactives, ces nouvelles narrations vont se diffuser plus largement, notamment aussi avec des nouveaux formats pour les assistants vocaux et les réalités mixtes. Eko est d’ailleurs en train de construire une plateforme pour Walmart.

La fragilité numérique, consolidation… et fragmentation des offres 

Des contenus uniquement accessibles en ligne créent une nouvelle fragilité. Des sites fermés à cause de problèmes économiques, comme The Village Voice, avec des reportages d’investigation récompensées, le Rocky Mountain News, ou encore le Tampa Tribune coupent du jour au lendemain l’accès à des informations. A la fin d’un partenariat entre Microsoft et la NBC, le projet a été dépublié. Sous le gouvernement Trump, de nombreuses études et statistiques auparavant accessible en ligne ont été dépubliées. Des solutions pour garantir une archive numérique accessible sont à trouver.

Coupures dans les budgets des rédactions, dépendance de plus en plus grande envers les agences de presse, regroupement de médias et dérégulation par le FCC créent un déséquilibre dans le paysage média US, avec des déserts de désinformation naissant dans les zones rurales. Une menace pour la démocratie qui n’est pas prête de s’arranger avec la reprise de grands médias par des investisseurs (Fortune vendu à l’homme d’affaires thaïlandais Chatchaval Jiaravanon, Quartz acheté par le japonais Uzabase, Forbes vendu à un groupe à Hong Kong, et le New York Times en négociation avec Ev Williams). En même temps, le paysage audiovisuel continue à se fragmenter, avec la saturation du marché OTT et streaming (Disney lance son service cette année, AT&T, Viacom and Discovery sont à venir). Le contenu est de plus en plus fragmenté, et le choix devient difficile.

US MUSIC STREAMING REVENUES GREW 30% IN 2018 TO HIT $7.4BN, AS SUBSCRIPTIONS TOPPED 50M

The USA’s recorded music market generated $9.8bn in total retail revenues last year, of which $6.6bn made its way back to artists and labels in wholesale payments.

The remainder of that $9.8bn, of course, was retained by retailers and digital music services like Spotify.

These new figures, from the RIAA, tell us that 67.35% of last year’s $9.8bn retail haul was paid out to labels and artists. In 2017, it was a similar story: 67.05% of that year’s US retail revenues ($8.8bn) made its way to music rights-holders on a wholesale basis ($5.9bn).

Yet in 2016, according to the RIAA, the wholesale revenues paid out to labels and artists was slightly higher than it was in the following two years: 68.42%, to be exact ($5.2bn wholesale versus $7.6bn retail).

Why? Perhaps because Spotify struck new deals with major and independent labels in the first half of 2017, which saw those same rights-holders agree to lower the share of pro-rated net revenue they received from the service, down from approximately 55% to 52%.

Back to last year. According to new RIAA data, the US recorded music market – which was up 12% overall – saw specific revenues from streaming music platforms grow 30% in 2018 to reach $7.4bn.

That made up some 75% of the industry’s $9.8bn total revenue tally, thanks to a variety of formats including premium paid subscription services, ad-supported on-demand services (i.e. YouTube, Vevo, and ad-supported Spotify), and streaming radio services, such as those that distribute revenues through SoundExchange (including Pandora, SiriusXM, and other internet radio services).

Total 2018 subscription streaming revenues (ie. those paid for by consumers) increased 32% to $5.4bn, says RIAA, making up more than half of the entire market’s revenue across all formats. (Included in this figure is $747m in revenues from ‘Limited Tier’ subscriptions on services like Amazon Prime or Pandora Plus, as well as fully-stacked premium, on-demand streaming subscriptions from the likes of Spotify, Apple Music, Amazon Music, Pandora etc.)

The average number of paid subscriptions (excluding limited tier options) grew 42% in 2018, says the RIAA, exceeding 50m for the first time ever. On average, more than one million new subscriptions were added each month.

Revenues from on-demand, ad-supported streaming services (including YouTube, Vevo, and the free version of Spotify) grew 15% in 2018, significantly slower than paid-for subscriptions. The total haul from ad-supported services was $760m, less than seven times the amount of money pulled in from streaming subscriptions.

Revenues from digital and customized radio services (including Pandora, SiriusXM satellite radio, iHeart Radio, and internet radio services) grew 32% year-over-year to $1.2 billion – the first time the category exceeded one billion dollars annually.

Revenues from downloaded tracks and albums declined for the sixth consecutive year to $1.04 billion. Album downloads fell 25% to $500m in 2018, while individual track sales were down 28% to $490m.

Revenues from shipments of physical products decreased to $1.15bn, down 23% from 2017. At estimated retail value, CDs fell by just over a third – 34% – to $698m. It was the first time that annual revenues from CDs amounted to less than one billion dollars since 1986.

Revenues from vinyl albums in 2018 hit $419m, an increase of 8% year-on-year, and the highest level since 1988.

https://itunes.apple.com/us/album/alain-gerbault-le-courage-fuir-musique-originale-du/525496602

You can see a detailed breakdown of US recorded music revenues in 2018 and 2017 below, and you can download the RIAA’s complete 2018 year-end report through here.

In a blog post today (February 28), RIAA Chairman & CEO Mitch Glazier wrote: “Rejuvenation in the industry means more opportunities to find and break new artists for fans to enjoy. In response to a growing market, labels are doubling down on what they do best: investing in great music makers and innovative businesses to realize creative visions and bolster the strong connection between artists and their fans.

“According to an illuminating recent report (“Same Heart. New Beat”) by NYU Steinhardt Music Business Program Director Larry Miller, more than 650 new artists were signed to major labels in 2017, a significant increase over prior years. At the same time, labels’ evolution continues, with teams working 24/7 to support their artist partners with coordinated global campaigns that turn local breakouts into international superstars.”

He added: “Make no mistake, many challenges continue to confront our community. As noteworthy as it is for the business to approach $10 billion in revenues again, that only returns U.S. music to its 2007 levels. Stream-ripping, and a lack of accountability for many Big Tech companies that drive down the value of music, remain serious threats as the industry strives for additional growth.

“But there is reason for buoyed optimism among those who help create music. Recognizing that there is more work to do, labels remain focused on building an ecosystem where every responsible player does its part to ensure that innovation continues to thrive, fans continue to be connected and engaged, and everyone is paid fairly for their work.”

According to BuzzAngle data issued earlier this year, the USA’s five biggest streaming artists in 2018 were Drake, Post Malone (pictured), XXXTentacion, Eminem and Migos.

https://www.amazon.fr/Alain-Gerbault-Courage-Fuir-USA/dp/B007UE2J1M/ref=sr_1_1?s=music&ie=UTF8&qid=1551558509&sr=1-1&keywords=mathevon+alain+gerbault