Professionnels des médias : relever le défi de la confiance

Mardi 8 octobre, journalistes, éditeurs, producteurs et fondateurs de médias français et internationaux se sont rendus à la Maison de la Radio et aux Echos, à quelques pas de la Tour Eiffel, pour la deuxième édition du Festival Médias en Seine, animés autant par cette ferveur pour leur métier que par les précipitations de la journée. Au menu : une journée de conférences, de master classes et de découvertes innovantes pour débattre, imaginer et co-construire les médias de demain. L’occasion de faire partager un regard nécessairement optimiste sur l’industrie, mais qui se heurte à une tendance de fond – à laquelle les professionnels ont fait référence tout au long de la journée – celui de la méfiance du public vis-à-vis des médias.

La crise de confiance : les chiffres

« On est à la trente-deuxième édition du baromètre de La Croix et la confiance est battue en brèche » affirme le rédacteur en chef François Ernenwein. Cela concerne tous les médias : de la radio qui perçue par 50% des personnes sondées comme étant crédible (-6 points sur un an) jusqu’à Internet, qui comme l’année précédente se situe à 25%.

Fake news, deepfakes, clickbait, autopublication sur les réseaux sociaux, comment faire pour garantir une information vérifiée à l’heure ou les informations les plus falsifiées se trouvent à portée de clic ?

« La confiance est importante mais elle peut également être dangereuse. Nous souhaitons que les gens fassent confiance aux choses dignes de confiance et doutent du reste » explique Rasmus Kleis Nielsen, directeur de l’Institut Reuters pour le journalisme.

Selon le Reuters Digital News Report 2019, 42% des gens interrogés disent pouvoir faire confiance aux informations. En France, seulement 24% des gens interrogés disent pouvoir se fier aux informations.

Penser les facteurs de confiance de manière globale

On aurait tendance à penser que ce sont les pratiques éditoriales qui font pencher la balance dans la relation avec le public. Mais R.K. Nielsen souligne que la relation médias – audience doit être repensée de manière globale. Après avoir interrogé les consommateurs, R.K. Nielsen a regroupé les facteurs de confiance dans 3 catégories :

  • Les pratiques et valeurs éditoriales. On parle ici d’impartialité, de transparence, de précision, et d’indépendance. Mais il faut également mieux communiquer et expliquer les méthodes journalistiques à l’audience, comme le rappelle Albert Moukheiber, docteur en neurosciences. « Il y a un effet du messager. Si je je trouve qu’il y a des conflits d’intérêt avec le messager, c’est perdu d’avance. Il y a tout un travail à faire pour expliquer comment fonctionne le journalisme. »
  • Les valeurs, qu’elles soient sociétales ou politiques. Un média renvoie à des valeurs et des idéaux auxquels les personnes s’identifient… ou pas. Un exemple est le réel écart de confiance dans les médias entre les démocrates et les conservateurs sous l’ère Trump. Peu importe les pratiques éditoriales de certains journaux réputés, les conservateurs voient une presse qui éveille l’hostilité contre un personnage qu’ils aiment.
  • Les identités, aussi bien individuelles que collectives. Un individu pourrait être amené à consulter un média par la recommandation ou le partage d’un article par un ami, ou bien en étant influencé par les habitudes de ses parents. L’effet du réseau (social) sur la consommation d’information est particulièrement prononcé chez les jeunes. En effet, 57% des consommateurs entre 18-24 ans aux États-Unis et au Royaume-Uni ont leur premier contact avec une information via les réseaux sociaux (Digital News Report 2019). Résoudre cette fragmentation reste une question compliquée. « Nous pourrions refléter les valeurs, les aspirations et les idéaux de certaines parties de la population qui se sentent attaquées, mais cela peut impliquer des questions inconfortables » dit R.K. Nielsen.

Réseaux sociaux et médias à l’ère des algorithmes : une expérimentation sans fin ?

Depuis l’émergence des réseaux sociaux, des algorithmes publicitaires dictent notre accès à l’information et aux différents types de contenu présents sur Facebook, Twitter ou encore Instagram. Entre les changements d’algorithme et des intérêts économiques divergents, la relation entre médias sociaux et médias traditionnels est aussi symbiotique que paradoxale. Edgerank, l’algorithme créé spécifiquement par et pour Facebook, change régulièrement de priorités. Vidéos live mises en avant (2017), avant de prioriser les groupes et les communautés (2018) ou encore les posts de notre entourage (famille et amis proches…) depuis mai dernier.

Comment fonctionnent les algorithmes des réseaux sociaux ?

Les algorithmes des réseaux sociaux (Facebook, Twitter…) ont été créés pour s’assurer que seul le contenu pertinent et intéressant aux yeux des utilisateurs n’atterrissait sur leurs fils d’actualité personnalisés.

En analysant nos réactions personnelles (le nombre de likes que nous pouvons donner sur une période de temps donnée, le nombre de commentaires que nous postons ou encore les statuts et liens que nous pouvons partager ou sauvegarder, entre autres…) ainsi que les réactions similaires de notre réseau, EdgeRank est capable de déterminer les posts les plus aptes à nous faire réagir et donc, sur du plus long terme, à nous faire rester sur sa plateforme.

Comme l’explique Antoine Bonino, doctorant en sciences de l’information et de la communication au CELSA – Sorbonne Université, les algorithmes de ces plateformes doivent “inciter les usagers à “participer” à la pratique communicationnelle proposée par la plateforme. Ils doivent les inciter à lire et à manipuler les contenus exposés afin, ultimement, de requalifier les usages enregistrés et les incorporer à une ingénierie publicitaire relativement sophistiquée.”

Pourquoi ces changements d’algorithme ?

Ces changements sont ancrés dans une dynamique de recherche ou d’optimisation de leur business model. Pour les réseaux sociaux, l’algorithme parfait optimise l’implication des utilisateurs et pousse les advertisers à dépenser plus.

Camille Saint-Paul, présidente de 5e Rue et maître de conférences à Science Po, explique :”On le sait, sans publicité, seuls 8 à 10% des contenus que vous postez (sur Facebook, NDLR) seront in fine visibles par la timeline de votre audience. Les annonceurs et les médias sont ainsi obligés de payer pour être vus.”

Elle ajoute : “L’usage quasi-forcé de la publicité a de fait multiplié les mécontentements, notamment les internautes qui refusent les publicités intrusives. Autre motif de mécontentement de ces internautes : l’usage de leurs données comportementales pour ces stratégies de targeting, qu’a révélé l’affaire Cambridge Analytica”.

Des inquiétudes majeures des citoyens pour la protection de leur vie privée qui ont d’ailleurs mené à une audience du Congrès après des soupçons d’ingérences russes lors des élections présidentielles américaines de 2016.

Ce scandale serait d’ailleurs à l’origine de la dernière récente “réécriture algorithmique” de Facebook. Il s’agirait en effet d’une “manoeuvre éditoriale visant à mitiger le feu des récents scandales qui brûle la crédibilité de la plateforme”, interprète Antoine Bonino.

Des changements obligatoires au sein des rédactions

Ces changements d’algorithmes ont d’ailleurs valu à de nombreux médias, dépendants de ces plateformes, à repenser leur utilisation et à pivoter leur priorité sur d’autres types de contenu.

BuzzFeed s’est vu obligé de licencier de nombreux employés au Royaume-Uni et de fermer sa branche française. Vox Media a fermé une cinquantaine de postes dédiés à la vidéo sur les réseaux sociaux. Mic.com a été vendu pour 5 millions de dollars (alors que le média avait levé plus de 60 millions de dollars à son lancement), après avoir laissé partir la quasi-totalité de ses équipes (près de 100 personnes), focalisées quasiment exclusivement sur la vidéo.

Depuis les changements d’algorithme de janvier 2018, un des plus impactants pour les médias, les publications des médias ont perdu 9.4% de réactions et d’interactions sur leurs updates en moyenne selon le rapport Private Sector News, Social Media Distribution,and Algorithm Change du Reuters Institute for the Study of Journalism de septembre 2019.

“Les professionnels savent que la plateforme n’est pas la panacée publicitaire qu’elle prétend être et que leurs intérêts à y publier sont limités, mais simultanément, ils sont tenus de produire des contenus dédiés s’ils espèrent tirer parti des suppléments de visibilité qu’elle ne cesse de promettre”, complète Antoine Bonino.

Si, aux premiers jours de Facebook, les annonceurs et les médias traditionnels semblaient fascinés par les opportunités d’exposition offertes par le réseau social, l’usage leur a appris à tempérer leurs espoirs.

“La méfiance progressivement acquise par les professionnels est étroitement liée aux irrégularités des “performances” enregistrées par leurs propres pages, aux anomalies observées au niveau des “résultats” de leurs campagnes publicitaires, etc.”, ajoute-t-il.

Les médias doivent-ils stopper leur utilisation des réseaux sociaux ?

Selon Camille Saint-Paul, ces plateformes constituent encore et toujours des “points de contact essentiels vers l’internaute”. Elle ajoute que “les médias n’ont de choix que de composer avec eux”, mais sans forcément “dépendre d’eux.”

Cela implique aussi pour les médias de “ne pas mettre tous les œufs dans le même panier” et ne pas céder aux sirènes du “tout social media” ajoute la présidente de 5e Rue. C’est toute la réflexion en cours sur les modèles payants qui impliquent de créer du contenu de forte qualité et ciblé. Cela semble d’ores et déjà fonctionner pour des médias comme Mediapart, en France, ou The Guardian, en Angleterre.

Cette opinion est également partagée par le Reuters Institute qui, dans son rapport Journalism, Media, and Technology Trends and Predictions 2019 , montre que l’objectif premier de plus de la moitié (52%) des “Digital Leaders” interrogés est désormais l’abonnement payant.

Pour la première fois, le modèle d’abonnement dépasse le display advertising en terme d’objectifs de revenus pour les rédactions. Ces modèles payants apportent en effet de nombreux avantages aux médias.

Ben Whitelaw, chef du développement des audiences pour The Times, explique, “qu’un des grands avantages d’un modèle focalisé sur des abonnements payants est sa résilience face aux changements de ces plateformes. C’est si rafraîchissant d’être capable de ne pas avoir à organiser des réunions d’urgence à chaque fois que nous entendons parler un nouveau changement d’algorithme de Facebook ou de Google.”

Que ce soit par manque de ressources ou par manque de nombre de lecteurs, la viabilité du modèle économique de l’abonnement ne semble toutefois profiter qu’aux poids lourds de l’industrie tels que le Times ou The Guardian.


Dans un monde de la post-vérité, de nouvelles formes de luttes émergent

« Le sort de la vérité a toujours été très fragile », a déclaré il y a quelques jours Edgar Morin lors du colloque sur la post-vérité à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris. A cette occasion, chercheurs, décideurs publics et professionnels des médias ont décrit cette société de la désinformation, rétablit quelques faits sur les fake news et proposé quelques pistes pour lutter contre l’infox. 

Un monde pris dans les mailles de la post-vérité

Le terme de « post-vérité » a été utilisé pour la première fois en 2004 par l’écrivain américain Ralph Keyes. Il décrit la post-vérité comme l’apparition d’un système ou d’une société où la différence entre le vrai ou le faux n’a plus d’importance. Cette définition a éclaté aux yeux du monde en 2016 avec le vote pour le Brexit et l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Et fake news a été élu terme de l’année 2017.

La montée des populismes va de pair avec la post-vérité, car leurs leaders cherchent ce clivage avec ceux qui sont censés savoir : le pouvoir, les élites. Et le relativisme de l’opinion l’a emporté. L’affirmation de faits absolument faux sont analysés comme s’ils étaient vrais.

Michel Wieviorkaprésident de la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH) et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) parle même « d’effondrement du système d’information classique ». Pour Myriam Revault d’Allonnes, philosophe et chercheuse associée au CEVIPOF à Sciences Po, « la post-vérité porte non pas atteinte à une vérité de type rationnelle ou théorique mais porte atteinte très profondément à la capacité de juger des citoyens qui se trouve très profondément ébranlée à partir du moment où le débat d’idées met en jeu des opinions qui n’ont même plus besoin d’être appuyés sur des faits ». Le débat d’idées est donc bien biaisé par les infox.

Le phénomène est, on le sait désormais, accentué par les réseaux sociaux, qui en ont industrialisé la pratique et qui s’en auto-nourrissent du fait des biais structurants des algorithmes. Le sociologue Dominique Cardon a parlé de la polarisation du web, c’est-à-dire de la formation d’une bulle idéologique où des opinions similaires encouragent une radicalisation des prises de parole sur cet espace. Francesca Musiani, chargée de recherche au CNRS, fait état de « mise en silo » car le partage de l’information répond à des logiques d’affinité et de proximité. C’est notamment le cas du référencement du Google qui se fait par popularité mais pas uniquement.

Depuis 2010, Google a introduit dans son algorithme PageRank une personnification du résultat qui se base sur les sites précédemment consultés et les recherches récentes, accentuant de facto ce phénomène. L’activiste Eli Pariser parle même d’espaces cognitifs clos, qui conforterait chacun dans ses opinions. Ce sont évidemment des effets collatéraux du modèle économique du moteur de recherche, mais qui favorise et renforce le maillage de la post-vérité dans notre société. C’est d’autant plus vicieux, explique Romain Badouard, maître de conférence à l’université Paris 2 Panthéon-Sorbonne, qu’il s’agit en fait d’une forme de propagande intérieure indolore et satisfaisante.

 3 chiffres à retenir :

  • 2004 – L’année d’apparition du mot post-vérité
  • – Sur Twitter, les fake news se propagent 6 fois plus vite que les informations vérifiées
  • -35 – Les moins de 35 ans ayant un faible niveau d’études sont ceux qui croient le plus aux infox

« From the bottom » : développer chez les jeunes un système de pensée analytique

Cette notion de « satisfaction » est fondamentale dans le processus cognitif. Selon le sociologue Gerald Bronner, « la robustesse d’une proposition intellectuelle n’est peut-être que la satisfaction intellectuelle qu’elle produit dans le cerveau de ceux qui l’accueillent ». Il est ici question de biais cognitif. Ce n’est donc pas lié à la qualité de son argumentation mais à l’intuition, à la satisfaction que le cerveau reçoit dans un premier temps.

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Dans le prolongement de sa pensée, Gerald Bronner montre que cet aspect psychologique est intimement lié avec l’aspect social, dans la mesure où les fake newssont généralement « enrobées » dans des narrations idéologiques, politiques qui vont accélérer la puissance de diffusion de ces biais. La situation concurrentielle entre les infox et les informations vérifiées est donc problématique.

Pour lutter face à cela, Gerald Bronner préconise une nouvelle forme de régulation : une régulation individuelle. Cette forme de régulation consiste à développer un esprit critique, on parle même de « système de pensée analytique ». Scientifiquement, il a été prouvé que la stimulation de la pensée analytique réduit l’adhésion à des théories complotistes. C’est la raison pour laquelle le sociologue recommande d’apprendre aux élèves du cycle primaire jusqu’à l’université le fonctionnement de leur cerveau. Le principal biais dont il est question est le biais de la taille de l’échantillon. Biais sur lequel s’appuie principalement les infox. Par exemple, un compte Twitter avait « prédit » les attentats de Paris deux jours avant le 13 novembre.

Ce compte était en fait un bot qui publiait massivement des tweets sur des attentats fictifs partout dans le monde dans le seul but de susciter des clics. La probabilité que la teneur tweet soit réelle était donc très faible, mais nécessairement, avec un grand nombre de tentatives, la probabilité qu’un des tweets soit « juste » augmentait. Initier les élèves à ce type de situation pourrait permettre de lutter un peu plus efficacement sur le long terme contre les fake news.

« From the top » : pour un pacte sur l’information et la démocratie

Reporters sans frontières a, de son côté, initié en novembre 2018 un pacte pour la démocratie afin de « traiter non pas les phénomènes mais les causes de ce dérèglement de l’espace public » d’après Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Le problème majeur, selon lui, est lié au décalage entre la protection de la liberté d’expression et d’opinion, historiquement créée au niveau national (cf Loi Bichet, Loi de 1986, etc.) et la réalité de l’espace globalisé. Aujourd’hui tout le monde peut interférer dans l’espace public d’une démocratie même en étant à l’autre bout du monde. « La place du village qui, autrefois était une compétence des Etats, est déléguée à des entités privées ou étatiques d’autres pays. Ça peut être Mark Zuckerberg aussi bien que Xi Jinping ».

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C’est pourquoi RSF a créé une commission sur l’information et la démocratie, composée de 25 personnalités de 18 nationalités différentes. Y figurent des lauréats du prix Nobel, des spécialistes des nouvelles technologies, des journalistes, des juristes et des anciens dirigeants d’organisations internationales. Cette commission a édicté une déclaration qui « vise à entrer dans cette nouvelle logique afin de définir les obligations des entités structurantes de l’espace public ». RSF a donc sélectionné douze pays qui vont s’engager à signer un pacte sur l’information et la démocratie sur la base de la déclaration évoquée ci-dessus. Le but est, à terme, de créer une entité qui associera des experts indépendants qui pourra édicter des propositions avec un monopole de l’initiative et qui pourront être mises en œuvre par des Etats.

Elle repose sur des principes forts :

  • Le droit à l’information fiable
  • La liberté de la presse
  • La vie privée
  • La responsabilité des participants du débat public
  • La transparence des pouvoirs

En parallèle, RSF mène un combat en amont dans les process de fabrication de l’info. On parle ici de market regulation et self regulation. L’ONG préconise une standardisation des méthodologies du journalisme conçue par des experts indépendants, base à partir de laquelle ils pourraient construire un outil qui permettrait de mesurer l’intégrité d’une source d’information, une sorte de label. Cela permettrait aux plateformes d’intégrer cet outil dans leurs algorithmes pour pondérer certaines sources d’informations en fonction de ce critère objectif.

Apple montre ses muscles et finalise sa stratégie TV

Apple en chevalier blanc contre Facebook pour protéger nos données ? Apple montre en tous cas qui est le maître et pourrait bien être le seul à pouvoir réguler Facebook  ; Il a d’ailleurs aussi bloqué Google qui utilisait également sa “backdoor” !

Apple met le paquet sur le contenu : Apple dévoile petit à petit sa stratégie TV ; son service de bouquet de streaming est attendu au printemps ; Apple va aussi lancer un service d’abonnement à des jeux ; Apple News Magazines : un service d’abonnement intégré à iOS 12.2 ? ; Les résultats d’Apple, en baisse, montrent une progression des services

Facebook essuie un nouveau scandale et enregistre un bénéfice record : le réseau social a payé des ados pour pouvoir surveiller leurs téléphones. Malgré les crises à répétition, Facebook dégage un bénéfice record au 4ème trimestre de … 7 milliards $pour un bond de 30% du chiffre d’affaires à … 17 milliards $ ; Instagram revendique 500 millions d’utilisateurs quotidiens des stories Facebook se dote d’un board extérieurcomposé d’experts chargés de superviser les contenus de la firme.

Concentration en France : Altice rachète Molotov, M6 rachète les activités TV de Lagardère

3 CHIFFRES

  • 17 euros par mois – c’est ce qu’a donné Facebook à des ados en échange de leur vie privée
  • 39,2% – c’est ce que pèse le numérique dans le marché de la publicité en France qui dépasse ainsi les autres médias. En comparaison, la TV pèse 26,7%, la Presse 15,9%, la Radio (5,6%)
  • et l’Affichage (9,4%).
  • 90% – c’est la part des revenus publicitaires issus du mobile pour Facebook.

DIGNE DE VOTRE TEMPS

  • Quelle stratégie derrière Alexa ?
  • Médias et journalistes, il est grand temps de changer nos pratiques !

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Au tour de Vice Media de licencier 10% de son staff, soit environ 250 personnes
  • Top 7 des médias qui changent la donne
  • Google est en train de commencer à tuer l’URL
  • Le groupe de magazine Condé Nast se lance dans le B2B avec une lettre pro
  • La crise du journalisme remonte à bien plus loin qu’Internet. Elle est surtout due à l’incompétence des patrons de presse à s’adapter
  • La presse peut-elle faire sans Google ?
  • Axios fête ses 2 ans

USAGES ET COMPORTEMENTS

  • Les 15-24 ans consomment près de 3 heures de SVOD lorsqu’ils sont abonnés à une offre
  • La TV à un moment crucial
  • USA : un segment clé de l’audience TV plonge de 27% en 2 ans
  • Les enfants britanniques passent déjà 15 mn de plus chaque jour en ligne que devant la TV
  • Un rapport du parlement britannique se penche sur les impacts des réseaux sociaux et de l’utilisation de l’écran sur la santé des enfants
  • L’usage du mobile en Chine
  • SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES

    • Les téléviseurs modernes sont moins chers, car ils vous espionnent !
    • Facebook paie des ados pour qu’ils s’espionnent eux-mêmes ; et continue à défendre cette politique
    • Facebook ne veut pas que vous regardiez comment vous êtes traqués par la pub
    • Textos, WhatsApp, notifications, … :  comment utiliser la fonction “Ne pas déranger” sur son smart phone
    • La navigation privée permet-elle vraiment de se protéger de l’espionnage ?
    • Facebook va mettre fin à son application IOS de récolte de données
    • Mozilla Firefox vous donne plus de contrôle sur les traceurs (et sur votre vie privée)

    FAKE NEWS, LIBERTE DE LA PRESSE

    • Une longue pub du Washington Post durant le Super Bowl pour défendre la liberté de la presse
    • AP et Snopes ne vont plus vérifier les infos pour Facebook
    • La censure sur le sexe a tué l’Internet que nous aimons
    • Facebook a supprimé de nombreuses pages venant d’Iran ; Twitter aussi
    • Le déclin de la presse locale accentue la polarisation politique (étude)
    • L’application mobile de Microsoft Edge possède un détecteur de fake news
    • Est-ce que les gens sont séduits par les fake news parce qu’ils sont partisans ou parce qu’ils sont fainéants ? Les chercheurs sont partagés
    • Selon un rapport du Club des correspondants étrangers en Chine, les conditions de travail des journalistes étrangers en Chine se sont encore dégradées en 2018
    • https://itunes.apple.com/gb/artist/catherine-capozzi/id675966122

      JOURNALISME

      • Pourquoi les journalistes doivent-ils s’intéresser à la blockchain
      • Le journalisme est une conversation
      • En 2018, une grosse actu a fait parler en moyenne 7 jours avant d’être évincée par une nouvelle crise
      • Les médias doivent-il passer au membership ?
      • Comment les médias modèrent les commentaires sur Facebook

      RÉSEAUX SOCIAUX

      • YouTube : hausse de 11% des revenus en 2018
      • Les rédactions commencent à s’interroger sur Twitter
      • Community management : retour sur 10 ans d’évolution
      • Snapchat est en train de réaliser que les vidéos qui disparaissent ne rapportent pas assez d’argent
      • Les toqués de TikTok : pourquoi le réseau social chinois est plébiscité en France par près d’un collégien sur deux.
      • Comment fonctionne l’algorithme de Linkedin.
      • Etude annuelle de Hootsuite et de We Are Social sur l’usage du web et des réseaux sociaux dans le monde
      • Fin de Google+ : tout ce qu’il faut savoir
      • Slack, c’est maintenant 10 millions d’utilisateurs actifs par jour

La confiance de plus en plus liée à la proximité; inégalité entre public averti et reste de la population

Les institutions traditionnelles traversent une crise de confiance croissante depuis deux décennies : gouvernements, institutions religieuses, puissances économiques et financières, médias… Nuls ne semblent trouver grâce aux yeux des citoyens, plus pessimistes que jamais mais désireux de changements.

Le Baromètre sur la Confiance 2019 d’Edelman, réalisé en ligne auprès de plus de 33.000 sondés dans 27 pays, révèle qu’à l’échelle mondiale, les populations ont désormais confiance dans leurs relations de proximité, les employeurs en tête de liste pour faire ce qui convient en temps de crise. Deuxième enseignement majeur : une inégalité de confiance historique entre le “public informé” et “la population de masse”.

Niveau record d’inégalité de confiance entre le public averti et le reste de la population

Les quatre institutions principales que sont le Gouvernement, les entreprises, les médias et les ONG ont gagné quelques points de confiance, mais rien de significatif selon Edelman. Le gouvernement et les médias restent les institutions les moins fiables selon les sondés ; moins de 50% de la population générale leur accorde sa confiance.

Le rapport Edelman met en lumière une divergence de confiance profonde entre le “public informé” et la “population de masse”, beaucoup plus sceptique. La confiance du public informé atteint un niveau record (65%), tandis que la masse de la population continue de se méfier des institutions (49%).

Ainsi, sur 18 marchés, il existe désormais un écart de confiance à deux chiffres (16 points en moyenne) entre le public informé et le reste de la population : jusqu’à 24 points d’écart en Grande-Bretagne, 18 points en Allemagne et en France (44% de la population générale fait confiance aux institutions vs 59% du public informé). Alors que le problème de l’inégalité de confiance était plutôt celui des pays développés, il tend à toucher certains pays en développement (17 points d’écart en Inde ; 12 points en Chine)

La confiance est également inégale en fonction du sexe, les femmes faisant moins confiance aux institutions que les hommes, avec en moyenne dans le monde un écart de confiance de 5 points, jusqu’à 12 points en Allemagne et 11 points aux États-Unis. L’écart le plus important concerne le secteur des affaires auquel les hommes font confiance à 60% alors que les femmes sont neutres à 53%

Un fort sentiment d’injustice au niveau mondial

Selon Edelman, seul un sondé sur cinq estime que le système fonctionne pour eux, près de la moitié de la population de masse estime que le système leur fait défaut. Plus de 7 personnes sur 10 ressentent un sentiment d’injustice fort dans le monde.

Les pays développés sont particulièrement pessimistes, à l’instar de la France où à peine un tiers de la population pense que leur situation sera meilleure dans 5 ans.

La crainte de perdre son emploi est importante. En cause, le manque de compétences et de formation (59%), mais aussi la montée en puissance de l’automatisation et l’innovation (55%). Le regard porté sur l’évolution du travail est là aussi synonyme de fracture sociale : pour 54% des sondés, le rythme d’innovation est trop rapide et 21% le disent trop lent.

Un désir urgent de changement, qui passe par un engagement accru avec l’actualité

Malgré la divergence de confiance entre populations, toutes partagent un désir urgent de changement qui s’accompagne d’une tendance croissante vers l’engagement et l’action : le mouvement #MeToo, les Gilets Jaunes, des mutineries au sein de grandes entreprises technologiques pour divergences de points de vue en 2018 sont autant de preuves citées par le Baromètre.

La volonté de reprendre en main la prise son destin a suscité un regain d’intérêt pour l’actualité ainsi qu’une hausse importante de l’engagement avec les informations de 22 points. Cette tendance est tout à fait surprenante au vu des résultats du Baromètre 2018 qui montraient que l’intérêt pour l’information était au plus bas : alors que près de la moitié des sondés avaient déclaré consommer des informations moins d’une fois par semaine l’année dernière, ils ne sont plus que 28% dans ce cas en 2019. 40% des personnes interrogées consomment non seulement des nouvelles une fois par semaine ou plus, mais ils les amplifient aussi systématiquement (+14 points vs 2018).

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Dans ce contexte, les médias traditionnels tirent leur épingle du jeu en tant que source d’informations, à égalité avec les moteurs de recherche, avec un taux de confiance historique à 64%Les médias sociaux quant à eux ne sont plus des sources crédibles pour plus de la moitié de la population, notamment dans les pays développés. L’écart de confiance entre médias traditionnels et médias sociaux atteint 26 points en Europe et 31 en Amérique du Nord.

Comme l’an dernier, les fake news restent un sujet de préoccupation  : 73% des répondants craignent que les fausses informations soient utilisées comme une arme.

« Mon employeur » devient l’institution la plus fiable et le partenaire privilégié du changement

Dans ce contexte de volonté de changement, 75% des personnes font confiance à « mon employeur », soit 27 points de plus que les pouvoirs publics à 48% ou les médias à 47%.

58% des employés dans le monde affirment qu’ils comptent sur leur employeur pour être une source d’information fiable sur les problèmes de société controversés et s’attendent à ce qu’il prenne des mesures concernant les problèmes de société (67%). Plus des trois quarts (76%) des répondants estiment qu’il est extrêmement important que « mon PDG » prenne l’initiative du changement, avant même une quelconque direction du gouvernement.

En France, 70% des sondés estiment qu’une entreprise peut avoir une action bénéfique pour la société et augmenter ses profits.

Enquête sur les Média Labs : à la recherche de ce que les médias et l’information peuvent devenir

L’écosystème mondial des médias traverse une période de restructuration. Alors que l’innovation dans les médias et le journalisme devient de plus en plus une question de survie, nous sommes confrontés à l’émergence et à la renaissance de laboratoires de médias à travers le monde. Ils vivent dans des universités (en tant que précurseur, le MIT Media Lab) ou dans des groupes de médias, mais peuvent également être indépendants en tant qu’initiatives indépendantes non liées à une institution académique ou médiatique spécifique, ou en tant que consortium entre différents types d’organisations.

En partenariat avec l’Alliance mondiale pour l’innovation dans les médias (GAMI) WAN-IFRA, ma thèse de doctorat [1] examine les rôles, les défis et les résultats des laboratoires d’innovation dans les médias, principalement par le biais d’une recherche quantitative reposant sur une enquête en 32 questions. Il s’agit d’une approche complémentaire du projet Media Innovation Mapping, l’effort qualitatif de la WAN-IFRA visant à mieux comprendre ces espaces d’innovation et d’expérimentation, et de fournir des exemples de meilleures pratiques en matière d’innovation dans les médias à travers le monde.

La création d’une base de données sur les laboratoires médiatiques était nécessaire pour comprendre la portée du projet : nous avons identifié plus de 100 laboratoires d’innovation médiatique dans le monde. Cependant, les types de laboratoires médiatiques semblent différer selon les régions. Alors que l’Amérique du Nord et l’Europe semblent avoir une majorité de laboratoires universitaires et / ou en entreprise, l’Amérique latine a montré un nombre croissant de laboratoires indépendants. Dans cette région, les laboratoires semblent exister principalement dans les universités et en tant que laboratoires indépendants, les laboratoires dans les entreprises n’étant pas si populaires.

Enquête sur les laboratoires d’innovation dans les médias

En août dernier, nous avons lancé la première série d’enquêtes auprès de responsables de laboratoires médiatiques, principalement basés en Amérique latine, en Amérique du Nord et en Europe. Dix laboratoires de quatre pays différents (Brésil, Portugal, Royaume-Uni et États-Unis) ont répondu à l’enquête et nous ont fourni des informations préliminaires sur le rôle des laboratoires de médias dans l’avenir du journalisme, contribuant ainsi à la compréhension de ce phénomène émergent et en mutation.

  • Les laboratoires de médias, un nouveau domaine professionnel pour les journalistes ?

Tous les laboratoires indiquent la présence de journalistes parmi les membres du personnel : il peut s’agir d’un (nouveau) domaine de travail émergent pour ces professionnels. C’est un sujet intéressant, car la gestion des produits et d’autres rôles en matière d’innovation n’ont pas toujours été considérés comme du travail journalistique (également abordés dans cette publication du Nieman Lab et dans Thoughts on Media ).

  • Partenariats, changement social et diversité des résultats

Le changement social semble être un sujet important en ce qui concerne les laboratoires médiatiques ainsi que les partenariats. Ils tendent vers une approche en réseau, collaborant avec différentes institutions (académiques, entreprises et indépendantes). Parmi les résultats, cette étude préliminaire a montré des centres d’intérêt très différents parmi les laboratoires ayant répondu à l’enquête. Même s’il n’est toujours pas possible d’identifier une tendance – sur la base du nombre limité de laboratoires étudiés jusqu’à présent -, on peut remarquer que les laboratoires médiatiques sont axés sur une diversité de projets, qui englobent des outils numériques, de nouveaux récits et des sujets journalistiques plus vastes (comme les fake news et les accès aux informations numériques et en ligne dans les régions éloignées).

  • Travail d’auteur dans les laboratoires médiatiques

La majorité des responsables de laboratoires participants étaient également les fondateurs, ce qui indique un possible travaille d’auteur. Cela démontre que l’émergence de ces structures peut aussi être un effort lié à des professionnels spécifiques qui ont une vision plus large de ce que sera ou deviendra le journalisme à l’avenir. Bien que cela puisse poser un risque pour la continuité des laboratoires, les résultats préliminaires montrent que les fondateurs ont tendance à rester longtemps dans leurs rôles, avec une moyenne de cinq ans selon les participants et ils sont toujours actifs dans ce rôle. Le défi consistant à promouvoir une culture d’innovation dans les médias au sein de l’entreprise, de l’université ou du secteur dans son ensemble pourrait également être un moyen de garantir l’avenir des laboratoires de médias eux-mêmes.

Les laboratoires médiatiques semblent être un moyen de relever un défi aussi vaste, fluide et risqué que l’innovation en période de crise et d’incertitude quant à l’avenir des médias. En ce qui concerne les laboratoires médiatiques au sein de l’entreprise, en encourageant l’innovation par le biais de ces initiatives, les institutions médiatiques semblent être en mesure de préserver ce qui les rend durables, tout en cherchant ce que pourrait être leur avenir en termes de produits ou de culture / processus organisationnel. Même si chaque type de laboratoire multimédia présente des particularités, un point semble les relier tous : encourager l’innovation dans la recherche de ce que peuvent devenir les médias et l’information.

Qu’est-ce qu’un ” Media Lab ” ?

Enfin, cette recherche nous a apporté un autre défi difficile : préciser ce qui constitue un laboratoire de médias axé sur le secteur de l’information. Avec la popularité de ce terme, il est devenu courant de trouver une foule d’institutions nommées sous ce terme générique. Pour en nommer quelques-unes, il y a des agences de médias numériques et de publicité, des institutions de contenu de marque, des salles de rédaction universitaires (axées sur la couverture quotidienne), des centres communautaires, des efforts d’éducation aux médias ainsi que des laboratoires expérimentaux et interdisciplinaires axés sur les innovations en matière de processus, de produits et autres.

De plus, ces institutions ne sont pas toujours concentrées sur le secteur des médias traditionnels : beaucoup ont une vision plus large de ce qui constitue un média (influencé par la vision du MIT Media Lab). Des recherches antérieures suggèrent que les laboratoires de médias ont tendance à être des institutions interdisciplinaires – comme le MIT Media Lab, qui se targue d’être « anti-disciplinaire » – axés sur la recherche, le développement et l’innovation avec un sens plus large des médias et éventuellement avec des approches méthodologiques très diverses.

Par conséquent, même si nous sommes toujours à la recherche d’une définition précise des « Media Labs » reflétant les similitudes entre ces nouvelles initiatives, une façon d’y réfléchir consiste à examiner leur rôle dans ce paysage médiatique en mutation. Considérons-nous les laboratoires médiatiques comme des espaces favorisant une nouvelle culture d’expérimentation en journalisme et un lieu d’apprentissage ? Ou en tant qu’institution proposant des produits reproductibles axés sur la concurrence sur ce marché ?

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Médias, attention, la consommation mobile a complètement changé !

Il y a encore quelques années, tout responsable de média numérique savait que deux tendances fortes étaient étroitement imbriquées : « social » et « mobile ». L’une n’allait pas sans l’autre : le succès d’une stratégie mobile passait forcément par les réseaux sociaux (en fait Facebook !) ; tandis que la réussite des réseaux sociaux basculait sur les nouvelles habitudes mobiles du public.

Mais en deux ans tout a changé, assure aujourd’hui la firme Chartbeat, qui mesure l’audience en ligne des grands médias d’infos.

Un nouveau monde mobile post social

Aujourd’hui, les réseaux sociaux ne sont plus la porte d’entrée de la consommation d’infos en mobilité, qui se fait désormais massivement via l’écosystème de Google, devenu de loin le 1er pourvoyeur de trafic, ou vient même de plus en plus de manière très directe sur les sites ou les applis des éditeurs. 

Plus surprenant : la home page est revenue à la mode tandis que les portails mobiles jouent un rôle inédit et croissant.

Mieux encore : le lecteur sur mobiles est autant, sinon plus, engagé, et surtout s’avère plus loyal que le consommateur d’infos par ordinateur.

Telles sont les conclusions étonnantes d’une vaste étude menée sur 20 mois auprès de 700 médias dans 65 pays et présentée cette semaine à Austin, Texas, où se déroulait la conférence annuelle du journalisme en ligne

Le divorce social et mobile est consommé

Facebook a donc perdu sa place de 1er pourvoyeur de trafic mobile vers les sites d’infos : son recul est constant. « Le trafic mobile des éditeurs venant de Facebook est inférieur de près de 40% à celui de janvier 2017 ».  Dans le même temps, « celui venant du moteur de recherche Google a plus que doublé et celui arrivant directement sur les sites ou applis des éditeurs a progressé de 30% ».

La remontée de Google est même plus importante que la chute de Facebook. Une chute que Chartbeat dit ne pas savoir expliquer. « Changement dans ses algorithmes ? Changement d’attitude des éditeurs ? Modification dans les usages du public ? Tout est possible ! ».

Entre temps, le trafic venant de portails mobiles s’est envolé. Celui issu de Flipboard a ainsi plus que doublé. Il est même devenu un référent plus important que Yahoo ou Outbrain. Google News a aussi gagné 20% depuis son ravalement de mai dernier.

Un autre acteur est venu troubler le jeu : Google Chrome, dont les recommandations, multipliées par 20 en un an, sont devenues aussi importantes que celles de Twitter sur mobiles ! Pourtant aucun éditeur ne travaille cette source de trafic.

Un mobinaute plus engagé dans l’info et plus loyal que l’internaute

Sur mobile, révèle Chartbeat, le lecteur “scrolle” la home page presque autant que sur ordinateur, mais surtout y passe en moyenne 40% plus de temps  (22 secondes contre 16) et son taux de clic y est 20% plus important.

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